Parviz Karami, conseiller du Président Hassan Rouhani et secrétaire du « Quartier général du développement de la science, la technologie et l’économie du savoir » réfute les affirmations concernant la hausse considérable de « la fuite des cerveaux » et présente une nouvelle enquête qui montre une baisse de départ des élites scientifiques iraniennes à l’étranger.

Plusieurs projets de recherche ont été établis sur cette « fuite de cerveau ».  EN s’appuyant sur des données des organisations internationales comme l’ONU, l’UNESCO, le FMI et l’OCDE, ainsi que sur des sources disponibles de certains pays qui sont les destinations principales, un état des lieux de la situation de l’émigration et du déplacement des étudiants iraniens a été fait. Les résultats ont été réunis dans un ouvrage intitulé « Étude comparative de la situation du pays sur l’émigration et le déplacement international des personnes éduquées ».

Au lendemain de la Révolution Islamique en 1979, l’Iran était le premier pays qui envoyait ses étudiants : on comptait 57 000 étudiants iraniens aux Etats-Unis. Cependant, selon les dernières données établies par le Bureau d’immigration des USA, l’Iran cède sa place en faveur de la Chine (31%), de l’Inde (14%), du Corée du sud (7%), du Canada (6%) mais aussi de l’Arabie saoudite (3%).  Au jourd’hui, les étudiants iraniens ne sont qu’à la onzième place dans ce classement avec seulement 12 356 étudiant. On constante donc une chute accrue du départ des jeunes diplômés iraniens à l’étranger, à savoir cinq fois moins qu’en 1979.

Au Canada, selon les données du Bureau de l’immigration, en 2014 ce pays avait recensé 11 665 étudiants provenant d’Iran, alors qu’on en compte 6 485 pour l’année 2016 : une baisse considérable.

Malgré ce que l’on a l’habitude d’entendre, l’Iran ne fait pas partie des 20 pays qui sont en proie à l’expédition des population au regard  des chiffres de l’OCDE. J’insiste sur le fait que l’Iran « n’est pas » un pays expéditeur. 

L’émigration des iraniens, quelles sont les données exactes ?

En 2014, en somme, 5 123 000 iraniens vivent dehors de leurs pays. Le taux d’émigration des iraniens par rapport de l’ensemble de la population [79 926 270 selon le recensement de 2017], est alors inférieur  de 1.5% au taux moyen mondiale qui est à 3.2%. 

Selon les données de l’OCDE, la chine, la Russie, la Corée du sud, et l’Inde sont les quatre premiers pays expéditeurs d’étudiants à l’étranger et l’Iran n’est même pas parmi les dix premiers pays. Selon la même source, 854 000 études iraniens sont résidents dans les pays de l’OCDE.

Quelle est la cause de cette baisse ?

L’influence des études supérieures [dans le parcours personnel], l’émergence des sociétés dite « Knowledge enterprise » ainsi que le développement d’un écosystème favorable aux start-ups font partie des éléments qui ont contribué à cette baisse de départs des personnes éduquées ces dernières années. De fait, selon les données des organisations internationales regroupées dans l’ouvrage cité plus haut, nous pouvons affirmer qu’aujourd’hui « la fuite des cerveaux » n’est basée sur aucun information fiable.