Mais que se passe-t-il en réalité à Hourolazim ? Le marais de Hourolazim est ce qui reste d’un des plus grands marais de la Mésopotamie. Un tiers du marais se trouve actuellement en Iran (dans la province de Khuzestân) et le reste se trouve en Irak. La partie iranienne est supérieure à 125.000 hectares. Durant la guerre avec l’Irak, les militaires iraniens ont dû construire des routes sur Hourolazim. Le marais a donc été divisé en cinq parties. Depuis plusieurs années le marais se trouve dans une situation déplorable.

Il existe trois raisons principales pour expliquer la sécheresse de Hourolazim. Tout d’abord, un barrage a été construit sur le Karkheh. De plus, le Tigre (qui alimente le marais) a été dévié par les Irakiens. Enfin, 8000 hectares ont été accordés au ministère du pétrole pour la mise en place d’installations d’exploitation du pétrole en coopération avec des entreprises chinoises. Selon Naser Abiat (militant écologiste), les responsables du ministère du pétrole gardent les zones 4 et 5 de Hourolazim en situation de sécheresse afin de continuer leurs projets dans ces parties du marais.

Il a également critiqué la construction de nombreuses routes sur Hourolazim, erreur fondamentale selon lui. De plus, les forges du marais ont été brûlées et des déchets y sont déversés quotidiennement. Les militants écologistes demandent depuis des années l’abandon des projets pétroliers dans Hourolazim.

Le directeur général de l’organisation de la protection de l’environnement du Khuzestân, Ahmadrezâ Lâhijânzâdeh a souligné que: « l’unification de la partie iranienne est essentielle et devrait être réalisée après les études nécessaires ». La division de Hourolazim en cinq zones empêche la pleine résurrection du marais selon lui. Lâhijânzâdeh a déclaré par la suite que les trois premières zones du marais sont ressuscitées à 95%. La quatrième zone a est remplie à 85% également alors que la cinquième zone l’est seulement à 50%. Les installations pétrolières se trouvent dans cette partie. Lâhijânzâdeh a déclaré qu’il fallait être très prudent en ce qui concerne cette cinquième zone. En cas de dégradation des installations pétrolières, une grave crise écologique est prévisible. 

Mais les responsables du ministère du pétrole on une autre version. Selon eux, la raison pour laquelle la cinquième zone est encore sèche, même après les récentes inondations, est que cette partie du marais se trouve à une altitude supérieure aux autres et que l’arrivée de l’eau y serait ainsi plus difficile. « Le ministère n’est en aucun cas responsable de cette situation » a déclaré un porte-parole du ministère. Avec la sécheresse du marais, les habitants du Khuzestân ont dû subir depuis maintenant plusieurs années des tempêtes de sable et beaucoup de pollution dans leurs villes. L’existence de Hour est cruciale pour l’écosystème de la région.

 Le ministre du pétrole a déclaré au moment des inondations dans le sud de l’Iran que les responsables de l’industrie pétrolière devaient faire tout ce qui est en leur pouvoir pour sauver les gens et les installations pétrolières. « Khuzestân est le cœur de notre industrie » a déclaré Zanganeh. Si une solution n’est pas trouvée pour régler la situation de Hourolazim, en plus des tempêtes de sable et de la pollution, la population de cette région sera obligée de migrer vers d’autres villes.

L’été dernier, Hourolazim a brûlé pendant presque deux mois. L’origine de l’incendie n’est pas connue. Le réchauffement climatique peut être pointé du doigt, mais la principale raison selon un député du Majlis, serait une mauvaise gestion de la part des responsables. Les installations pétrolières ne seraient pas assez modernes selon lui. En effet, avec la construction du barrage de Karkheh, très peu d’eau arrive à Hourolazim. De plus, les autorités iraniennes et irakiennes n’arrivent pas à trouver d’accord concernant la gestion du marais.

Le barrage de Karkheh 

Le pays a certes besoin d’exploiter son pétrole et de l’exporter, mais à quel prix ? Depuis maintenant plusieurs années, les habitants de la province de Khuzestân souffrent de la mauvaise gestion des autorités et respirent un air extrêmement pollué. La production de vingt mille barils de pétrole par jour est-il plus important que notre écosystème ?