« Recréateur de la langue persane », il écrivit la plus grande épopée en langue persane intitulée le Livre des Rois

Affrontement entre l’armée iranienne dirigée par Key-Khosrow et l’armée de Touran sous le commandement d’Afrasiyab

Les premiers efforts pour rendre hommage à Ferdowsi comme le plus grand poète perse de tous les temps ont été réalisé en 1925 quand le gouvernement iranien décide de rénover le mausolée de cette légende de la culture iranienne qui se trouve à 25 kilomètres de la ville de Machhad. Initialement, le projet est confié à l’architecte français André Godard qui mène plusieurs projets en Iran comme le Musée national d’Iran ou le Hafezieh à Chiraz. Mais le plan de Godard qui ressemblait beaucoup trop aux pyramides d’Egypte est abandonné (alors que la moitié  est déjà construite !) par ordre de Mohammad Ali Foroughi (Premier ministre de l’époque) et démoli.

Il est ensuite décidé que le mausolé de Ferdowsi sera finalement construit par un architecte iranien. Un jeune homme de 26 ans, Hossein Lorzadeh, qui avait déjà attiré l’attention en gagnant le concours de rénovation du Parlement national d’Iran remplace André Godard. Il s’inspire alors du mausolée de Cyrus le Grand pour la construction de celui de Ferdowsi. 

Le tombeau de Ferdowsi à Tous

Mais le feuilleton entre Ferdowsi et les artistes français ne se termine pas ici. Il y a 85 ans, un sculpteur français réalise la première statue de Ferdowsi à l’occasion du millénaire de sa naissance. En 1934 à cette occasion, 410 étudiants iraniens étudiant en Europe, effectuent une levée de fonds pour la commande d’une statue à l’effigie de Ferdowsi à un sculpteur français nommé Lorenzy. Cet artiste français pour réaliser son oeuvre s’inspire de poèmes du Shâhnâmeh (le Livre des Rois) qu’il étudie. Deux ans plus tard, en 1936, la statue est envoyée en Iran. Le 18 juin, la statue est installée en face de l’ancienne Faculté des lettres de l’Université de Téhéran. Cette faculté a été transformée en jardin-musée du Negarestan et se trouve aujourd’hui dans le quartier Bahârestân, près du ministère de la Culture.

Statue de Ferowsi, Jardin de Negarestan 

Qui est Ferdowsi ?

Hakim Abolqasem Ferdowsi est l’une des personnalités les plus influentes de l’histoire culturelle de l’Iran et en particulier de la langue persane. Il est considéré comme le sauveur et le ressusciteur du Persan. Selon de nombreux historiens et spécialistes, la langue et la littérature persanes doivent leur existence (après la conquête musulmane de l’Empire perse) à ce grand poète.

Selon les récits, Ferdowsi a commencé la rédaction du Shâhnâmeh à la fin du Xe siècle et l’aurait achevé 30 ans plus tard (à l’âge d’environ 80 ans). Le 25 Ordibehesht (deuxième mois du calendrier persan), les Iraniens rendent hommage à Ferdowsi et à la langue persane (journée nationale de Ferdowsi et de la langue persane). Le Livre des Rois de Ferdowsi constitue avec les oeuvres de Saadi, Hafez, Rumi, Khayam et Nezami la source principale de l’apprentissage de la langue persane et de la littérature iranienne.

Le Shâhnâmeh peut être divisé en trois périodes: la période mythique, la période des héros et la période historique.

Combat entre Bahrâm et Saveh Shah

L’une des plus belles histoires de la période mythique est sans aucun doute l’histoire du soulèvement de Fereydoun (roi iranien descendant de Jamshid, symbole de générosité et de justice) et de Kaveh contre le tyran Zahak.

La personnalité la plus célèbre du Shâhnâmeh parmi les Iraniens est Rustam. Il est le héro courageux de ce livre qui aide les Rois, combat les ennemis de l’Iran et accomplit les “Sept exploits”. Dans l’une des histoires les plus tragiques et les plus tristes du Shâhnâmeh, il confond son fils Sohrab, à la tête de l’armée turque du Touran, avec une autre personne. Rostam, lui-même défendant l’armée d’Iran, tue son propre fils.

 Un autre personnage de Shâhnâmeh comme Siavash, prince légendaire persan de l’ancien temps de l’Empire perse, peut être cité. Il était le fils de Kay Kāvus, le Chah d’Iran à l’époque, et à cause de la trahison de sa belle-mère Sudabeh (avec qui il refuse d’avoir un rapport sexuel et de trahir son père), il s’exile à Touran où, innocent, il est tué par ordre du roi touranien, Afrasiab.

Des romanciers contemporains tels que J. R. R. Tolkien et George R. R. Martin ont été influencés par le Shâhnâmeh et d’autres mythologies iraniennes dans leurs œuvres.