La menace de Donald Trump de cibler 52 sites « de très haut niveau et très importants pour l’Iran et pour la culture iranienne » a été fortement condamné par de nombreuses personnalités iraniennes et étrangères, de tous bords politiques.

Suite à cette polémique, Lettres Persanes lance une série de publications intitulées « 52 jours, 52 sites culturels ». Nous vous ferons découvrir au cours des prochains jours les sites historiques iraniens qui symbolisent la culture iranienne.

2. Mosquée du Cheikh Lotfollah :

La mosquée Cheikh Lotfollah est l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture iranienne qui a été construit durant l’Empire Safavide, se dressant sur le côté est de la place Naqsh-e Jahan (classé patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979), à Ispahan. La construction de la mosquée a débuté en 1603 et s’est achevée en 1619. Elle a été construite par l’architecte en chef Cheikh Bahai, sous le règne de Chah Abbas Ier de Perse. Sur les conseils d’Arthur Upham Pope, Reza Chah Pahlavi a fait reconstruire et restaurer la mosquée dans les années 1920.

Photo : Place Naqsh-e Jahan, Ispahan. Wikipedia

Cette mosquée avait pour but d’être réservée à la cour royale (contrairement à la mosquée du Chah, qui était destinée au public). C’est pourquoi la mosquée n’a pas de minarets et ses dimensions sont plus petites.

Photo : Wikipedia

En comparaison avec la mosquée du Chah, la conception de la mosquée Cheikh Lotf Allah est très simple : il n’y a pas de cour, et il n’y a pas d’iwan intérieur. Le bâtiment lui-même est constitué d’une coupole aplatie reposant sur une chambre à coupole carrée, mais contrairement à la structure simple de cette mosquée, la décoration intérieure et extérieure est extrêmement complexe, et dans sa construction les meilleurs matériaux ont été utilisés et les artisans les plus talentueux ont été employés.

Photo : Wikipedia

Robert Byron a écrit à ce sujet : “Je ne connais pas de plus bel exemple du génie islamique persan que l’intérieur du dôme de la mosquée Cheikh Lotfollah”.

Photo : Wikipedia

Tout au long de son histoire, cette mosquée a été appelée par différents noms. Pour Junabadi, elle était la mosquée avec le grand dôme (Masjed-e qubbat-e ‘azim) et la mosquée à coupole (qubbat masjed), tandis que l’historien contemporain Iskandar Munshi l’appelait la mosquée d’une grande pureté et beauté”.

D’autre part, les voyageurs européens, tels que Jean Chardin, faisaient référence à la mosquée en utilisant le nom actuel, et les inscriptions coraniques à l’intérieur de la mosquée, faites par le calligraphe iranien Baqir Banai, incluent également le nom de Cheikh Lutfallah.

Photo : Wikipedia

Par ailleurs, les comptes de Muhibb Ali Beg, le trésorier impérial, montrent que le salaire de l’imam provenait directement des ressources de la maison impériale. Tout ceci suggère que non seulement le bâtiment portait bien le nom de Cheikh Lutfallah, mais aussi que ce célèbre imam fut parmi les premiers responsables de la prière pour la cour royale dans cette même mosquée.

À suivre…